"Peindre avec la lumière et découvrir sa part d’obscurité."

Cette nouvelle série questionne les limites de la matière photographique (réflexion que l’on pourrait rapprocher de certains travaux conceptuels de Thomas Ruff et de Cory Arcangel). Ici, il n’y a pas de point focal, de sujet identifiable, de profondeur de champ… L’artiste travaille sur une matière brute et impalpable : la diffraction de la lumière sous l’eau.

« Darkside of light », nouvelle série de dyptiques de très grands formats (jusqu’à 300 x 180 cm), est dans le prolongement du « huitième paysage », série dans laquelle l’artiste interrogeait sous l’eau la notion d’impermanence.

La prise de vue photographique a été réalisée à partir d’une installation sous-marine qui permet de concentrer la lumière en une zone précise sur une plaque de métal. L’image a été ensuite incisée numériquement afin de s’immerger dans le cœur de la lumière et de sa matrice numérique. Il en résulte un résidu que l’artiste appelle Intra - lumière digitale.

Le deuxième élément du dyptique appelé Intra – obscurité digitale est une image résultant d’un ajout radical et massif de Noir à l’image. Ce résidu de l’image photographiée devient une entité autonome et brute qui émerge du Noir et du magma numérique : une sorte d’anti-négatif.

Afin de clore le cheminement photographique, l’artiste, en partenariat avec Alice Tremblais, réalise à partir du fichier numérique un négatif qu’il développe sur un papier traditionnel argentique. Ce choix, au-delà de l’aspect technique, joue sur l’ambiguïté du rapport entre ces différents procédés. La chimie devenant ici le révélateur de la matière digitale.

Ces dyptiques sont des allers-retours infinis entre la lumière et l’obscurité, entre l’eau et la matière. Il ne s’agit pas d’une démarche de recherche du Beau ou d’esthétisation ni même d’amélioration de l’image. Mais plutôt une forme de révélation par la destruction. Une révélation des interactions de la lumière et de l’eau à travers l’interprétation digitale de l’appareil photographique.